18 – Le souffle

Je devrais être heureux. Mais ce n’est pas ce qui m’arrive.

Le contrecoup sans doute. Comme quand vous attendez impatiemment votre week-end, fatigué d’une semaine éprouvante. Mais le dimanche, vous êtes au lit. Vous êtes « crevés ». Vous avez tenu cinq jours, sans relâche pour faire bonne figure. Et puis vous craquez. Plus tard, dans votre intimité.

Comme aux vacances. Vous n’y êtes jamais vraiment, que la deuxième semaine. Avant, vous freinez, vous patinez, mais vous ne vous arrêtez pas de suite.

Moi, ma semaine, ce fut une année. J’y ai trainé cette foutue saleté. J’y ai emmené du monde dans mon histoire. Il s’en est passé des maux, des mots, des doutes et des aventures. Toujours, la gueule cassée en avant. Malgré mes écritures. Laissant paraître, parfois, de manière détournée, un certain renoncement. C’est moi qui tiens le gouvernail. Je vous le dis. Blessé, mais pas vaincu. La démarche faussement assurée, qui fait sourire mes proches.

Mai là, non. Je ne me contiens plus. Les larmes retenues de cette année perdue, s’en vont dégoulinant vers cette craquelure. Elles sont comme les mots. Parfois, on ne les retient plus. Et tans pis pour ma gloire. tant pis pour mon oubli.

Et je vais vous le dire. Je suis en rémission. L’IRM d’aujourd’hui ne montre pas de développement malin. Juste une persistance d’inflammation, conséquence de la RTP. Le Scanner est à refaire, car mal ciblé. Ils se sont plantés, les idiots (Je rigole). Ils ont visé le crâne, au lieu du thorax. C’était pour vérifier les nodules. Le Professeur GARREL n’a pas l’air inquiet. Moi non plus, du coup. Il reste la chirurgie faciale. C’est pour janvier.

On va chanter, on va danser…. Je vous l’avais dit.

Hé, les Corassiens, Chantal, Bulle, Marion, Tijania, Jean Marc, Amarie, Sabrina et tous les autres… Je ne vous lâche pas.

 

dario moreno – Tout l’amour que j’ai pour toi.

 

Lac du Crès_002

Lac du Crès (Hérault)

22 réflexions sur “18 – Le souffle”

    1. Il est vrai qu’on est tellement conditionné à se battre, tellement habitués aux mauvaises nouvelles, les pieds dans les starting-block et prêts à prendre une fois encore le taureau par les cornes que lorsque nous arrive des résultats négatifs ou qui ne révèlent rien… on se sent un peu vide et démuni !
      Un comble ! C’est un peu comme si on l’emportait par forfait de l’adversaire…

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      1. Je copie ta question car je ne peux te répondre directement en dessous et je la colle au dessus pour te répondre :
        Max Alain Krief dit :
        1 octobre 2017 à 14 h 21 min
        « Tu as raison Jean Marc. Et toi, comment vas-tu ? »

        Eh bien, ça va comme on dit « à la va comme je te pousse ». Je me satisfais de ce que je suis devenu parce qu’il en aurait été tout autrement si je n’avais pas subi tout ce que j’ai eu à subir.
        Ce qui est appréciable et ce qu’il faut retenir, c’est que je n’ai plus ce carcinome épidermoïde de l’oropharynx, même si les séquelles représentent un préjudice non négligeable.
        Ces dommages collatéraux ne représentent en effet que des détails et le fait de ne pas en parler me les met à distance.
        D’ailleurs tout ce que j’entreprends ne sert qu’à ça !
        Comme on dit, moins j’y pense, même si tout m’y ramène, toux persistante due à une sécrétion abondante de mucus bronchique (j’ai du me ramasser un microbe qui passait pas là), absence de goût, déglutition délicate, respiration par canule, etc. etc. , mieux je me porte !
        Et pour tenir tout ça à distance je me lance dans des actions bénévoles comme la création d’un atelier d’écriture dans mon quartier en plus de celui auquel je suis engagé dans ma résidence, la participation à des concours d’écriture et la rédaction de petites historiettes et de nouvelles que je mets en ligne sur Facebook. et que je distribue en flyer autour de moi.
        Bref, des occupations qui animent mon quotidien…
        Et toi, à quoi tu t’emploies ?
        Amitiés
        Jean Marc

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  1. Bonjour Max
    Super nouvelle !!! Ca fait du bien de lire ça. Ce me donne aussi envie de chanter et de danser. mais je vais attendre un peu parce qu’au boulot ca fout mal ! Déjà qu’ils me trouvent bizarre 🙂
    Je t’embrasse

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  2. Au Ditep j’ai vécu hier des situations que tu aurais pu raconter avec bcp de brio sur ton blog. En bref, j’ai eu le sentiment qu’on me faisait jouer à chronométrer le temps mis à défaire et refaire ma valise ! 3 fois et il est clair que je suis plus rapide pour la faire que la defaire. Ubuesque. Bon du coup ils me gardent 1 j de plus…

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    1. Chantal, je crois qu’en ce qui concerne nos situations, je ne suis pas le plus à plaindre. Je mesure la souffrance des autres, et notamment la tienne. Il est vrai que ton parcours m’aurait donné du grain à moudre. Ecris-le ! Racontes-le !

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  3. Zut mon commentaire n’est pas parti et j’ai la flemme de tout réécrire… en gros, tout comme toi, je lache tout quand la nouvelle est bonne et je laisse mes larmes se déverser. Les gens ne comprennent pas toujours ma reaction mais je m’en fiche royalement. Comme je n’ai pas droit encore au champagne et que je suis toujours hospitalisée au Ditep de Villejuif, je lève mon verre d’eau et je trinque à toi. Bises😏

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  4. Laisses les couler ces larmes Max, elles sont restées planqués derrière ta plume ton humour ton autodérision et là elles en ont juste assez elles veulent fêter avec toi cette nouvelle… tu fais preuve d’un courage sans faille ! Bisous

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