25 – Mort De Rire

28 janvier 2018

J’ai reçu le livre d’un copain d’enfance, Yves, avec lequel j’ai partagé, quelques années durant, mon dortoir de la maison d’enfants. Adressé gentiment par sa sœur Danielle.. Il y raconte sa vie. Entre sept et quinze ans, c’est un peu la mienne. Je m’y retrouve. Les détails que j’avais oubliés. C’est troublant. Puis, on s’est éparpillés. Maintenant, je connais la suite. Une vie forte en drames. Très heureuse aussi. J’ai raté quelque chose. Plus tard, on s’est croisé, rarement. Souvent une référence pour moi. Rigoureux, généreux, sportif, bel homme. Il ne croyait pas au hasard. Alors, il faisait très attention à lui. En 2007, sortie brutale. Une saloperie au cerveau. Il était mon ainé, de un jour. On ne maitrise pas tout.

07 février 2018

Je l’ai mauvaise. Foutue époque. Où la clef sous le paillasson a fait place aux caméras en tout genre. Où une procédure judiciaire interminable a remplacé une bonne engueulade. Où le téléphone à cabine qui permettait d’appeler les secours, a disparu au profit du Smartphone qui filme la scène d’agression. Où l’isolement est aussi important que les moyens de communication et autres réseaux sociaux foisonnent. Tout n’était pas bien. Tout n’est pas pire, aujourd’hui. Je ne me sens pas à l’aise, dans cette époque. C’est tout.

Quand ça va pas fort, on a tendance à s’agripper. C’est le sourire de ma fille. Un petit compliment de Marie-Clotilde ou Audrey, mes infirmières. Un miaou de Loulou. Le message de Chantal. Un mot réconfortant de Cathy. Coup de fil affectueux de Nadine, vite écourté de mes impossibles confidences. Par un tendre smiley de Sabra. Promesse d’une visite de Hugues et Laurence. J’en oublie bien sûr. Ce soir, en manque. D’imagination. Le trop plein. Mon humour se fait la malle. Je décroche. Dégringolade.

Cela a commencé à mon retour, dans le monde des vivants. Après l’intervention. On est le 31 janvier. Foutue anesthésie. Je suis descendu au bloc vers 8h30. Je me retrouve en chambre vers 18h30. Que s’est-il passé ? Aucun souvenir de la salle de réveil. Maux de tête quasi permanents. Cela fait sept jours maintenant. Je carbure aux Tramadol et Paracétamol. Moi qui ai eu tant de mal à m’en défaire. J’ai la tête des frères Bogdanov. Mais ça, je m’en fiche. Même sans leur intelligence. C’était prévu. Les coutures, de la joue jusqu’au crâne, en passant par les oreilles. C’est la routine. Les yeux aussi. Pleins de fils. J’ai revu ma chirurgienne. Emporté par l’enchainement des petits soins. Pas osé lui demander. Plutôt distante avec moi. Mes quelques questions maladroitement exprimées. Refermées, en face, par « c’est comme ça », « Je ne suis pas au courant ». Sourire retenu. L’impression de l’emmerder. Aurait-elle oublié une aiguille dans mon crâne ?

Elle m’annonce que ma paupière ne fermerait plus. Je ne m’y attendais pas. Depuis trois ans maintenant que mes soucis de santé se sont succédés, j’en ai accepté les inévitables tracas, liés aux soins et petites infirmités de tous ordres. Pas grand chose, finalement. Mais là, ça déborde. Je la revois le 15. On verra bien.

Je la refais pas, celle-là. Pas marrante, l’histoire, mais c’est la mienne. La vraie. J’ai restreint mon blog aux abonnés. Pour les nouveaux, faudra faire un effort. Rien en retour, que de se retrouver un peu dans mes lignes. Un tout petit moment de moi. Et de vous.

 

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