59 – Vous exagérez !

Timelapse 1

 

26 mars 2020-03-26

 

Oh la la ! Il faut absolument que je vous raconte.

Ce matin, je suis resté un moment au lit, car j’ai passé une nuit horrible.                            Un peu enivré, hier soir, je me suis couché tôt. J’étais assez inquiet car mes premiers semis font grise mine. Et puis, ce coup de froid, dans le jardin, que j’avais oublié, depuis mon retour d’Asie, et qui me garantissait, si ce n’est un méchant rhume, peut-être une de ces grippes qui vous collent au fond du lit, pendant plusieurs jours. Et puis, je pensais à tous ces médecins qui avaient démissionné, il y a plusieurs semaines, pour protester contre le manque de moyens dans les hôpitaux. Et  ce personnel urgentiste, en grève depuis plusieurs mois, pour les mêmes raisons. Et la ministre, face aux infirmières : « Vous exagérez ! ».

Enfin, je me suis endormi et j’ai fait un cauchemar impossible :

 » On est au mois de décembre et la grippe saisonnière arrive bientôt. On raconte que ce n’est pas une grippe habituelle. Qu’elle viendrait de Chine. Certains disent qu’elle est très contagieuse, virulente. Qu’elle fera beaucoup de morts.  Le gouvernement nous rassure. On ne sera pas beaucoup affectés. Elle fera certainement moins de victimes que notre grippe annuelle. Il faut arrêter d’alarmer les gens, nous affirme un animateur-médecin célèbre. Plus animateur que praticien, d’ailleurs. On est en février et les chiffres sont là. Le nombre de personnes atteintes, en augmentation. Les premiers morts, pendant que l’Italie est dramatiquement touchée par ce virus. En France, les autorités continuent à minimiser le fléau. En coulisses, on dit que des ministres savent. Que ce sera une pandémie. Massive. Il y aura de nombreux morts. »

Je me retourne dans mon lit. Qu’ai-je dans la tête, à être si noir, négatif ?                              Je me rendors.

« Les autorités de santé assurent avoir anticipé la situation. Il faut rester serein. Mais, le personnel soignant se plaint. Il n’y a pas assez de masques de protections. On a revendu le stock de 1 milliard de ces masques. Il n’y plus suffisamment de gel hydro-alcoolique. Pas assez de gants, de sur-blouses, de lits de réanimation, de respirateurs artificiels. Les moyens en personnels soignants sont dégradés. Obligés de réquisitionner des étudiants en soins infirmiers, en pharmacie, en médecine. Les jeunes internes sont sur le front, atteints pour la plupart. »

Je me réveille. Je pense à mes futures tomates. Et je rejoins Hypnos.

 » On est à la mi-mars. Les masques sont inutiles et ne servent à rien, nous dit-on partout. C’est le début du confinement. Le nombre de victimes nous est annoncé quotidiennement. Plus seulement les vieux et les déjà malades. Maintenant, les médecins, les infirmières meurent aussi. Je pense à ma fille. Je veux me réveiller. »

Et voilà. Je suis au lit. Réveillé de bonheur. Pas de malheur ! Ce n’était qu’un vilain cauchemar. Non, ce n’est pas possible. Ça ne peut pas arriver. Un gouvernement ne pourrait pas agir de cette manière-là. Affaiblir le système hospitalier aux besoins de la rentabilité économique. Ne pas anticiper une pandémie mondiale, décrite et annoncée par de nombreux scientifiques. Non, ceux qui pensent cela, sont des « complotistes. »       Un gouvernement ne pourrait pas mentir en disant que les masques ne servent à rien. Annoncer qu’ils arrivent par millions dans les hôpitaux, alors que, partout, les soignants, les médecins de ville, les pharmaciens, les personnels des EHPAD, se plaignent de ne pas les recevoir. Non, impossible. C’est du délire. Un établissement public national (ANSM) ne pourrait pas déclarer un médicament, substance vénéneuse, en décembre 2019, alors que celui-ci, en vente en pharmacie, est utilisé depuis plus de quarante ans,  notamment contre le paludisme, au moment même du début de la pandémie,  et sachant qu’il pourrait être une des réponses contre ce coronavirus. Je n’en sais rien, s’il est efficace, mais pourquoi l’interdire à ce moment-là ?

Non, tout cela est extravagant. Ce n’était qu’un mauvais rêve.

Mais les cauchemars vous tiennent parfois la journée.

Je vais aller prendre un bon café et j’irai marcher vers les Cabanes de Pérols avant de rejoindre des amis pour un déjeuner ensoleillé. Et ce soir, j’appellerai ma fille.

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